La norme NF C 15-100 : ce qu'elle impose
La norme NF C 15-100 régit toutes les installations électriques neuves et rénovées en France. Elle définit le nombre minimal de prises par pièce, les circuits dédiés obligatoires (four, plaque de cuisson, lave-linge, sèche-linge), la protection différentielle 30 mA sur chaque circuit, et les règles spécifiques aux pièces humides (salle de bain, cuisine). En 2026, cette norme intègre aussi des dispositions pour les bornes de recharge de véhicules électriques et les équipements de domotique.
Lors d'une rénovation, la mise en conformité complète n'est pas toujours obligatoire si vous ne touchez pas à l'installation existante. En revanche, dès que vous modifiez un circuit ou ajoutez des points, les circuits concernés doivent respecter la norme en vigueur. En cas de vente, le diagnostic électrique (obligatoire pour les logements de plus de 15 ans) signalera les anomalies, ce qui peut peser sur la négociation.
Les différents niveaux de rénovation électrique
Mise aux normes du tableau seul
C'est l'intervention minimale. Elle consiste à remplacer l'ancien tableau (souvent avec fusibles à broches ou en porcelaine) par un tableau moderne avec disjoncteurs divisionnaires et interrupteurs différentiels 30 mA de type A et AC. Le budget se situe entre 800 et 2 000 € selon le nombre de circuits. Cette opération ne remet pas aux normes le câblage dans les murs, mais elle sécurise le coeur de l'installation.
Rénovation partielle
La rénovation partielle concerne une ou plusieurs pièces : ajout de prises conformes, passage de câbles sous moulures ou en saignées, création de circuits dédiés. On travaille pièce par pièce sans tout refaire. C'est la solution adaptée aux logements des années 1970-1990 dont le câblage principal est en bon état mais qui manquent de points et de protections.
Comptez 50 à 80 €/m² en rénovation partielle. Pour un appartement de 60 m² où l'on rénove la cuisine et la salle de bain, le budget se situe entre 2 500 et 5 000 €.
Rénovation complète
La rénovation complète reprend toute l'installation : nouveau tableau, nouveaux câbles, nouvelles prises et interrupteurs, mise à la terre de tous les circuits, création des circuits dédiés. C'est indispensable pour les logements d'avant 1970 dont le câblage est en tissu ou en aluminium. Le passage des câbles en encastré nécessite des saignées dans les murs (avec rebouchage et finitions), ce qui explique le surcoût par rapport à une pose en apparent.
Lire un devis électrique : les postes à vérifier
Un devis d'électricien se lit différemment d'un devis de peinture ou de carrelage. Voici les lignes essentielles :
- Le tableau : marque (Legrand, Schneider, Hager...), nombre de rangées, nombre de modules. Un tableau sous-dimensionné bloque toute extension future.
- Les protections : type et nombre d'interrupteurs différentiels (au minimum un type A pour les circuits spécialisés et un type AC pour les circuits classiques).
- Les circuits : le devis doit lister chaque circuit avec son calibre (10A, 16A, 20A, 32A) et sa destination. Comptez au minimum 8 circuits pour un T3.
- Les points par pièce : nombre de prises, interrupteurs, points lumineux. La norme impose par exemple 5 prises minimum dans un séjour de plus de 28 m².
- Le type de câblage : encastré (saignées) ou apparent (moulures, plinthes, goulottes). L'encastré est plus esthétique mais 30 à 50 % plus cher.
- Le passage du Consuel : pour une installation neuve ou une rénovation complète, le Consuel (organisme de contrôle) doit valider l'installation. Le coût est de 130 à 180 € et doit figurer dans le devis ou être mentionné comme à la charge du client.
Domotique : un marché en pleine évolution
L'installation domotique va du simple (volets roulants connectés, thermostat intelligent, éclairage piloté par smartphone) au très complet (gestion centralisée de l'énergie, scénarios automatiques, contrôle d'accès). Le budget de 2 000 à 8 000 € couvre la plupart des projets résidentiels. Le protocole choisi (KNX, Zigbee, Z-Wave, Wi-Fi) conditionne le coût et l'évolutivité.
Sur un devis, vérifiez que le protocole est précisé, que les équipements sont compatibles entre eux, et que l'installation peut évoluer sans tout recâbler. Un système filaire (KNX) est plus fiable mais plus coûteux à l'installation qu'un système sans fil (Zigbee).
Comparer vos devis d'électricité
La comparaison de devis électriques est technique : les libellés varient d'un artisan à l'autre, et le périmètre d'intervention n'est pas toujours identique. Pour mettre les offres sur un pied d'égalité, notre analyseur de devis normalise les postes et repère les écarts. Si vous n'avez pas encore de devis, commencez par notre estimation de budget pour savoir si les montants proposés sont dans la fourchette du marché.
Dernier conseil : vérifiez toujours que l'électricien dispose de la qualification Qualifelec ou d'une mention équivalente. C'est un gage de compétence et une condition pour bénéficier de certaines aides (MaPrimeRénov' pour les travaux liés à la performance énergétique, TVA à 10 % en rénovation).